Lundi 22 mai 2017

Arrivé vers 10 heures à la cale de la baie du Lindin, le niveau d’eau dans le chenal est insuffisant pour permettre de rejoindre la pointe de l’Ours en toute quiétude. Je décide de rejoindre le port de Kerners malgré la crainte d’une attente prolongée pour accéder à la cale de mise à l’eau.
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Tout est désert. Je dépose le kayak sur la plage en prenant le temps de mettre en ordre tout mon matériel de navigation. Le courant porte vers la sortie du Golfe. L’étrave franchit la pointe de Kerners, traverse les contre-courants aux abords des îles de Hent-ten et de la Jument. Une barge hollandaise profite du jusant pour rejoindre la flotte des bateaux du patrimoine qui sont au large, en attendant de revenir participer à la petite parade qui ouvrira la 9ème Semaine du Golfe.

Quelques retardataires vont me permettre d’immortaliser leur sortie sous voiles, d’autant qu’à l’approche de la renverse de courant, la mer est calme à la balise verte du Grand Mouton et de la pointe de Port-Navalo. Les voiles multicolores apparaissent à l’horizon de l’île de Méaban. Quelques notes de musique fusent d’une petite embarcation. Je pousse au-delà du petit Mont. Trois superbes voiliers sont au mouillage au large des remparts de Kerjouanno dont la Recouvrance de Brest. Je me faufile sous leur étrave. Les préparatifs à bord vont bon train pour montrer la beauté de leur gréement et parader le long des îles et des pointes du Golfe. Je fais demi-tour. Le courant s’est inversé. A marée montante, les courants aux abords de Port-Navalo s’agitent, se creusent, s’entrecroisent. Par moments je suis balloté tel un fétu de paille. Les yeux sont aux abois pour contrôler, pour admirer, pour photographier. Je contourne la pointe du Monteno et je me pose sur une langue de sable en attendant l’arrivée du spectacle. Quinze minutes avant l’heure H, je me positionne à l’est de l’ïlot d’Er Lannic, en face du tumulus de Gavrinis. Les amas d’algues stabilisent le kayak. Je reste assis dans mon embarcation car le débarquement est interdit sur cette réserve ornithologique.
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Pour fêter son 50ème anniversaire d’existence, la SNSM ouvre la parade. Ses canots bleu et orange sont le gage de la sécurité pour les navigateurs. Le défilé des goélettes, des misainiers, des caboteurs, des trois-mâts, des voiles-avirons s’étire durant une demi-heure. Que la fête maritime commence.

Telle une bernique, je me décolle de mon amas algal pour suivre les derniers bateaux à voile aurique. Au moment de passer entre les îles de Berder et de la Jument, le fort courant m’entraîne vers un voilier au mouillage. Je m’écarte au dernier moment de la coque, dans un bouillonnement de vagues, de creux et d’écumes. J’ai ressenti une forte montée d’adrénaline avant de souffler en retrouvant des éléments plus sereins au-delà de la pointe de la Jument.
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Carte IGN Scan express - Trace Sitytrail sur Asus Zenphone

Mercredi 24 mai 2017

La flottille des voiles-avirons prend le départ de Port-Anna. Nous débarquons nos kayaks à la cale de Barrarach. Lorsque nous passons devant le petit port sinagot, toutes les embarcations ont déjà pris la poudre d’escampette. Nous longeons la côte arradonnaise à la poursuite de la flottille n°2. Le jusant nous entraîne, sans trop d’effort vers l’île aux Moines. Au passage des îles Logoden, nous apercevons une multitude de petites voiles blanches, brunes et rouges. Le vent leur est favorable, il sera difficile de les rattraper avant le port de Larmor Baden, où la pause méridienne a lieu. Nous naviguons de conserve avec le Saint Michel de Nantes, la réplique du bateau de Jules Verne. Puis nous passons le long des coques des grands voiliers amarrés sur les coffres, à l’ouest de l’île aux Moines.
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Le Saint Michel de Nantes                                                                   Le France,coupe de l'América et les grands voiliers

Le trois-mâts barque russe Le Shtandart, la frégate L’Etoile du Roy, le brick hollandais Le Morgenster s’apprêtent à appareiller pour passer la journée dans la baie. Nous suivons une flotte hétéroclite qui profite du vent et du courant pour embouquer le chenal de Port Blanc. Nous rejoignons les voiles-avirons aux abords de l’île de Berder. Ils font des allers-retours avant de franchir le fameux courant de la jument et de virer sur tribord pour rejoindre Port Lagadec. Nous nous délassons les jambes sur la plage en admirant ce ballet nautique. Telle une volée de moineaux, ils disparaissent sans laisser le moindre sillage. Nous réembarquons et nous suivons leur trace en venant longer les mouillages de Larmor Baden. Nous les laissons à leurs agapes organisées par les associations locales. Nous passons le long des parcs à huîtres de Gavrinis et débouchons à la pointe sud de l’île longue pour un en-cas bien mérité. Solitaires dans cette petite crique, nous pouvons admirer le large panorama sur le goulet de Port-Navalo en attendant la renverse de courant pour revenir à notre cale de départ. Pour éviter de refaire le même trajet, nous optons pour une route passant entre l’île aux Moines et l’île d’Arz. Devant notre petite crique, le courant a forci. Nous sommes entraînés au milieu du chenal. Un petit bac, au milieu du courant, nous permet de rejoindre la rive de la presqu’île de Rhuys.
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A la pointe Saint Nicolas, nous faisons cap au nord-est, en direction de l’île d’Arz. A l’îlot « l’œuf » là où nichent quelques cormorans, nous avons 2,5 km de traversée pour rejoindre la plage de Brouel. Quelle est longue cette étendue d’eau salée. Peu de bateaux sont venus s’aventurer dans cette partie du golfe. Nous nous sentons un peu délaissés. La pause est la bienvenue. Et il nous reste si peu à faire. Seulement six petits kilomètres. Mais les vingt-quatre kilomètres déjà effectués pèsent dans les bras. Le courant et les bateaux du patrimoine ne sont pas là pour nous soutenir et nous distraire dans notre effort de pagayer. Nous récupérons le chenal de la rivière de Vannes et les bruits des pneumatiques qui brisent la quiétude de la navigation à rames ou à voiles.

Cette belle journée de navigation a été légèrement ternie par la longueur du trajet, mais de belles impressions colorées nous restent dans la tête.
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Carte IGN Scan express - Trace Sitytrail sur Asus Zenphone

Supplément photos : Galerie photos/Semaine du Golfe 2017